Redécouvrons les grands classiques !
Par Jean-Paul Lebreton, mercredi 11 avril 2007 à 14:17 :: EDITOS :: #11 :: rss

L’idée que notre littérature ne va pas bien fort, qu’il est temps de défendre vivement sa cause tient le haut du pavé en ce moment. « A quoi sert la littérature ? » se demande Antoine Compagnon, professeur au collège de France. Question récurrente, diront certains. « Notre français fout le camp » s’alarme un grand quotidien régional. Est-ce pour répondre à ces interrogations que notre ministre de l’Education signe une circulaire réhabilitant la leçon de mots et l’apprentissage du vocabulaire à l’école ? Y’a-t-il urgence à sauver cette belle langue, parlée par 250 millions de francophones, qui représente la neuvième communauté linguistique dans le monde ?
Comment transmettre ce merveilleux patrimoine, léguer aux plus jeunes une langue en bon état ? Trop de formes d’expérimentation verbales dans la littérature récente, mettant à mal le sens des textes, auraient-elles dégoûté les jeunes lecteurs ? Tzvetan Todorov voit dans cette désaffection « une rupture entre littérature et monde extérieur , une montée en puissance d’un courant littéraire nihiliste qui développe une vision d’un monde abominable… » alors que « …les ouvrages classiques, dont les auteurs étaient Gogol ou Dostoïevski, Balzac, Cervantès ou Shakespeare (…) nous aidaient à mieux comprendre la condition humaine, reconnaître le bien et le mal, enrichir le monde de sens et de beauté. La littérature nous amenait à mieux nous voir nous-mêmes et à nous transformer, elle nous aidait à mieux vivre ». (La littérature en péril, Flammarion).
L’avènement de l’Internet, outil préféré des nouvelles générations, signerait-il la mort de la langue ? Faut-il s’inquiéter de « certains prototypes des contenus du Web du futur où le texte s’y réduirait comme peau de chagrin jusqu’à son minimum incompressible, le « tag », stade ultime d’épuration, ou degré zéro du texte - selon les points de vue ». Qu’on se rassure : « c’est aller bien vite en besogne, et oublier que l’essentiel du contenu publié sur le Web et utilisé par les internautes est encore aujourd’hui du texte. Le texte n’est pas mort, loin de là. A lire ce livre blanc publié par la société Dixxit, intitulé sobrement “Référencement : la revanche du contenu”, la qualité éditoriale est plus que jamais à l’ordre du jour ». (source : http://mondeca.wordpress.com). Ouf !
Que dire enfin de ces élèves qui pensent que le français se limite à des examens sans voir qu’il accompagnera toute leur vie ? Car maîtriser la langue, c’est éviter le bricolage, les descriptions dépourvues de nuances, les analyses réductrices, les généralisations abusives, en un mot le « prêt-à-penser »… Pour contrer cette tendance, il existe de nombreux outils très bien conçus qui leur permettront d’apprivoiser les mots (Robert Brio ; le bon usage de Grévisse) ou les idées (Dictionnaire de culture générale de Frédéric Laupies).
Enthousiasmons-les pour les livres - quel plus grand plaisir qu’un bon livre, qu’on prend, qu’on pose et qu’on reprend et avec lequel on grandit – et comme Chesterton, ils apprendront à lire avec passion ! Chez Culture et Vie, chaque jour, nous essayons d’affiner la sélection d’ouvrages afin de vous proposer le meilleur de chaque écrivain…Une invitation à lire et à faire lire aux jeunes les grands classiques de la littérature !

Commentaires
1. Le jeudi 12 avril 2007 à 09:39, par Christine
2. Le vendredi 13 avril 2007 à 18:00, par Pierre de La Coste :: site
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